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Dordogne Périgord
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Licence de l'image : Creative Commons CC-by-sa - Auteur : Christophe
  René Desmaison : un très grand Monsieur de l'alpinisme
Jeune homme et orphelin de mère, René Desmaison quitte la Dordogne pour s'établir dans la capitale,
avec son parrain. Il découvre l'escalade qu'il pratique sur les rochers de la forêt de Fontainebleau,
au sud de Paris. En 1954, il fait la connaissance d'un alpiniste - Jean Couzy - une rencontre qui sera
déterminante : une amitié est née et, avec elle, naissent également des projets d'ascensions tous azimuts.
1. La naissance d'une passion
Photo : François Biju-Duval (In Memoriam † 17-05-2009, face nord du Pic Maître)
(1) Première : nom donné à l'ascension réussie d'une voie jamais tentée auparavant. Noter : 'voie' doit être compris
comme itinéraire de progression. Selon l'orientation, on parlera d'une voie située en face nord, ouest, etc... et on peut
avoir plusieurs voies dans une même face.
René Desmaison était membre de la Compagnie des Guides de Chamonix
2. René Desmaison en action : des ascensions qui ont marqué l'histoire de l'alpinisme
Avec Jean Couzy, il réalisera bon nombre de grandes ascensions, souvent par les itinéraires les plus
difficiles, ainsi que des premières (1). En outre, René Desmaison, sera l'un des tout premiers à se lancer
dans le grand alpinisme hivernal, avec toutes les difficultés que cela impose.
Pic de Bure - 2 709 m - Hautes-Alpes
Face ouest des Drus - 3 754 m - Haute-Savoie
Face nord de l'Olan - 3 564 m - Hautes-Alpes
Les Grandes Jorasses - 4 208 m - Haute-Savoie
La montagne à mains nues - 1971
342 heures dans les Grandes Jorasses - 1973
Protégeons la montagne - 1978
Professionnel du vide - 1979
Les Andes vertigineuses - 1983
Au royaume des montagnes - 1992
Pérou - Equateur - 1993
Les grimpeurs de muraille - 2000
Les forces de la montagne : mémoires - 2005
1957 : première ascension hivernale de la face ouest des Drus (massif du Mont Blanc, Haute Savoie)
1960 : première ascension hivernale de la face nord de l'Olan (massif des Ecrins - Hautes-Alpes)
1961 : première du pilier oriental du Pic de Bure, paroi haute de 600 m (massif du Dévoluy, Hautes-Alpes)
1967 : première ascension hivernale du Pilier Central du Frêney (massif du Mont Blanc, Haute Savoie)
1968
: première hivernale des Grandes Jorasses, par la voie du Linceul (massif du Mont Blanc, Haute Savoie)
Pic de Bure : la première ascension du pilier oriental sera gravi en 3 jours, par René Desmaison accompagné d'André Bertrand et de Yves Pollet-Villard, en septembre 1961. Présentée à l'époque comme « l'escalade la plus difficile des massifs calcaires des Alpes françaises » et cotée TD+ (comme Très Difficile sup.), elle reste aujourd'hui une entreprise sérieuse et emblématique du massif.
BIBLIOGRAPHIE
4. L'homme René Desmaison
Dur, très dur au mal, René Desmaison n'a jamais choisi la facilité. Ses ascensions le démontrent. En montagne, c'est l'homme de l'engagement total,
recherchant toujours les itinéraires les plus audacieux, les plus difficiles. Certaines de ses ascensions sont restées comme des monuments de courage.
En témoigne le drame vécu dans la face nord des Grandes Jorasses à la pointe Walker en février 1971, où son compagnon de cordée, Serge Gousseault, jeune aspirant-guide, meurt d'épuisement après 15 jours (!) passés à batailler dans la tourmente. René Desmaison sera sauvé de justesse par un pilote d'hélicoptère virtuose, Alain Frébault, venu de Grenoble les secourir.
- In Memoriam -
1930, Bourdeilles - 2007, Marseille
Beaucoup de courage, sans doute un peu de folie aussi et...beaucoup de chance ! La plupart de ses compagnons de cordée ont péri en montagne.
Son grand ami même, Jean Couzy, sera tué le 2 novembre 1958 au cours d'une escalade dans le Dévoluy (Hautes-Alpes), d'un rocher reçu en pleine tête.
René Desmaison, il l'admet volontiers dans ses récits, a eu la 'bonne étoile', lui permettant de passer 'à travers', dans des moments où, selon toute logique, il aurait dû connaître l'instant fatal.
3. Les ascensions à l'étranger
René Desmaison réalisera des ascensions en Italie, dans le massif des Dolomites (1ère ascension de la face nord directe de la Cima Ovest avec Pierre
Mazeaud
); dans les Andes (14 expéditions) et dans la chaîne de l'Himalaya (2 expéditions nationales en Himalaya du Népal dont la 1ere  ascension
française au Mont Jannu en 1962)
René Desmaison nous parle de cette ascension :  "Depuis cette hivernale,
j'ai gravi bien des parois difficiles et surmonté de redoutables tempêtes. Pourtant, l'Olan, dans les conditions où nous l'avons gravi, reste parmi les escalades les plus difficiles que j'aie eu la chance de réussir."
Extrait du livre, 'La montagne à mains nues'.
René Desmaison détient un palmarès qui parle de lui-même :
plus de 1 000 ascensions professionnelles dont 114 'premières'.
En images, quelques uns des sommets mythiques qu'il a gravis.
Janvier 1968 - face nord des Grandes Jorasses - René Desmaison et Robert Flematty réalisent l'ascension hivernale par la voie dite du 'Linceul'. Pris par le mauvais temps, ils mettront 9 jours pour gravir les 800 m de glace. Il s'agit d'une
des courses les plus difficiles des Alpes, avec des passages à plus de 80° (!).
Pour situer le Linceul des
Grandes Jorasses sur la
photo ci-contre, passez
votre souris
dans la région gauche de la photo.
René Desmaison était aussi un écrivain de talent. Découvrez en bas de page sa bibliographie !